Hoi An et les îles Cham

Hoi An ma Belle, dis moi qui est la plus belle ?

Ce soir c’est la pleine Lune et Hoi An est en fête. Les demoiselles ont sorti leurs plus belles tenues et leurs meilleures perches à selfies, la concurrence va être rude. Ce soir au clair de Lune, tout le monde souhaite capturer la féerie de l’instant. Les rues piétonnes sont illuminées par des guirlandes de lanternes multicolores et la foule joyeuse converge tranquillement vers le fleuve. Sur l’eau, des milliers de petites lanternes flottent tranquillement emportant avec elles les vœux de chance de ceux qui les ont déposées là. Pour chaque lanterne déposée sur le fleuve il y a une vendeuse opiniâtre qui a harcelé jusqu’à l’épuisement un touriste. Mais même cette pratique d’habitude irritante prête à sourire ce soir (imaginez un peu, nous avons sacrifié à l’envoi d’une bougie, c’est dire quand à la pugnacité des vendeuses !). Sur le fleuve au milieu de toutes ces petites lumières, le reflet des immeubles danse avec les barques qui promènent les amoureux.

Mais la véritable star de la soirée c’est le pont Jaaponais. Il se tient là depuis l’époque ou les marchands Japonais se sont établis, donnant en héritage à la ville un magnifique patrimoine architectural. 426 années qu’il voit des pleines Lunes et moi je donnerai cher pour avoir une rétrospectives de toutes ces années. Il a du en voir des robes, des jeunes gens en habits, des amoureux et des marchandes …

Mais chut, il y a un frémissement sur l’eau, voilà les mariés qui entrent en scène à bord de petite barques. Ils viennent des rues piétonnes ou ils ont déjà posé au milieu des lanternes multicolores. Sur le pont, silence, on admire les Princesses et les Princes d’un instant. L’objectif leur dit « vous êtes les plus beaux mes mignons » alors sous le regard amusé des touristes ils tendent le profil droit, le profil gauche, un baiser volé et c’est dans la boîte !

Alors, Hoi An, les plus beaux, n’est ce pas les amoureux ?

Au sujet d’Hoi An il faut savoir que la ville est particulièrement renommée pour sa gastronomie. Le lendemain nous avons donc décidé de poursuivre un marathon culinaire (que l’on peut donc appeler un cookingathon) dans les petites rues du centre ville. Et alors qu’on est là à se demander si on va commencer par un cao lau ou un ban beo on se fait alpaguer par une petite tailleuse. Elle insiste, ca à l’air d’être crucial, alors comme on ne voudrait pas créer un drame, on la suit. Oui mais pas trop longtemps hein, c’est qu’on a faim ! Nous voilà dans le marché couvert au 45, un tailleur de sur-mesure. Le sur-mesure à Hoi An c’est une véritable institution, impossible d’échapper aux dizaines d’ateliers de tailleurs. En quelques minutes nous sommes entourés d’un essaim de petites tailleuses et sans même qu’on ai eu le temps de dire  « ouf » Monsieur se retrouve avec un trousseau de caleçons sur mesure (je vous voie déjà avec vos blagues graveleuses…). De mon côté, j’ai un peu réfréné leurs ardeurs. Je ne sais pas si la fashion police prend un congés le soir de la full Moon mais j’ai bien vu de quoi sont capables leurs compatriotes hier soir. Plus il y a de la dentelle, plus ca froufroute, plus c’est kawai, plus elles aiment ! Je me retrouve quand même mesurée dans tous les sens et Xavier-Jean, très bienveillant, me dit « gonfle un peu le ventre, il y a un cookingathon qui nous attends». Merci.

Avec Hoi An c’était une amitié qui n’était pas gagnée d’avance et pourtant de jour comme de nuit, gibbeuse croissante ou full moon, on a aimé. On a aimé la douceur joyeuse et le charme de cette petite ville provinciale qui joue les grandes dames, on a aimé la cuisine fine et parfumée, on a aimé les petites vendeuses pêchues et pas relou du tailleur 45. Et tout ca malgré les hordes de touristes…

Pour ne pas partir trop vite, nous faisons un saut de puce : direction les îles Cham, au large de la ville. Avant de partir on nous avait bien prévenus : le Vent du Nord arrive, vous resterez peut-être coincés sur l’Île. C’est amusant dans la bouche des autres ca semble une sanction terrifiante : coincés sur une île avec rien à faire, vous imaginez un peu le supplice ? Et si on mourrait d’ennui ? Nous, on s’est plutôt dit : waouh, c’est ex-ac-te-ment ce qu’il nous faut !

Nous voilà donc sur la plus grande des îles Cham, dans le village de Bai Lang. Il n’y a que deux villages sur l’île. L’un à l’extrémité Nord, l’autre au Sud, séparés par une petite route côtière de 5 km qui mène également à quelques plages de sable blanc vierges et bordées de rangés de cocotiers. L’endroit idéal pour flâner dans un hamac en attendant la tempête. Evidemment on en a profité ! En fin de journée le vent du Nord (si je vous assure !) se lève, le ciel noircit, la tempête arrive … Il est temps de se trouver un petit homestay. On s’installe chez Linh, à Bai Huong et c’est la sautillante Saké du haut de ses 4 ans qui nous accueille. Le lendemain matin, un nuage de brume enveloppe les hauteurs couvertes de jungle qui dominent le village de pêcheurs. Le ciel a sorti sont plus beau camaïeu de gris et de noirs et la mer est de la couleur de la jungle. Au large quelques cargos sont venus s’abriter le temps que la tempête passe. On flâne sur la jetée au milieu de nos voisins pêcheurs qui jouent aux cartes, on contemple cette nature sombre et magnifique, on respire l’air iodé et vraiment, on se dit que le bonheur parfois, c’est simple. On passe de longs moments chez Linh, à jouer avec la petite Saké qui aura vite compris que la chevelure de Xavier-Jean présente un grand potentiel pour exercer ses talents de coiffeuse. Linh nous concocte des spécialités, on se régale. Que demander de plus ?

Entre deux averses on descend jusqu’au village de Bai Huong. Ici aussi notre présence est inattendue mais l’accueil est chaleureux et joyeux. Pour le déjeuner, on sort une mini table et deux mini chaises face à la mer et voilà un restaurant improvisé.

Cinq jours dans ce village, c’était juste le temps qu’il nous fallait pour adopter Saké, Linh et tous ses pêcheurs qui cachent un grand cœur derrière carapace. Même la radio nationale qui diffuse dans les hauts parleurs du village à 5h du matin on avait fini par s’y faire.

 

3 réponses à “Hoi An et les îles Cham

  1. Pingback: Hué, entre dunes et tombeaux | Céline et Xavier-Jean à l'envers·

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