Troisième volet des aventures dans le Sud de la Birmanie : Hpa-An

Ca y est le visa expire bientôt alors nous profitons des ultimes derniers jours pour explorer la région de Hpa-An. Nous n’avons pas encore quitté la Birmanie que nous sommes déjà nostalgiques de toutes ses couleurs, ses habitants et ses paysages… Hpa-An représente assez bien tout cela et conclut bien le séjour.

Pour notre première journée, nous avons sacrifié au classique circuit en tricyclette bachée (oui, ca existe !) qui nous a baladé (et secoués) de point d’intérêt en point d’intérêt. C’est le choix de la facilité mais décidément ce n’est pas notre favori puisqu’il nous prive de notre liberté et de ce sentiment de découverte que l’on peut avoir lorsque l’on part à l’aventure en moto avec juste un GPS et une vague carte. En tout cas on peut dire qu’en une journée et sous une chaleur étouffante on aura coché tous les items du Lonely Planet !

Hpa-An est une région de paysages karstiques, c’est à dire que des pitons rocheux émergent dans le paysage, isolément ou en formations groupées. Je ne connais pas la signification géologique mais en tout cas quand on a la chance d’avoir une belle lumière (ce qui n’était pas notre cas, l’atmosphère était extrêmement brumeuse et la lumière pâle) c’est assez photogénique.

Ici, la particularité c’est que toutes ces zones rocheuses sont mises à profit pour créer un site religieux. On peut voir une pagode se dresser sur un pic rocheux qui émerge au milieu d’un lac rond (Kyauk,Kalap), un monastère construit en haut d’une montagne auxquel on accède par une « modeste volée » de plus de 2000 marches, des grottes dont les parois sont couvertes de petits bouddhas dorés et qui abritent des bouddhas assis, couchés, debout et même des petits temples, et enfin, on peut se promener dans des jardins entiers de statues de bouddhas … La sobriété n’est pas de mise mais l’ensemble est vraiment impressionnant. J’ai particulièrement aimé l’ambiance feutrée et humide qui se mêle à l’odeur d’encens dans les grandes grottes ou les fidèles viennent se recueillir. Parfois on a aussi eu la chance d’avoir un rai de lumière qui venait taper sur une stupa dorée dans l’ombre d’une grotte. L’attraction favorite des touristes semblait quand même être le lac de la grotte de Sadda. La visite commence dans une grande grotte avec un immense bouddha couché que l’on peut contourner pour s’enfoncer dans l’obscurité de la grotte. On ressort de l’autre coté, où des bateliers (anciennement pêcheurs, eux aussi reconvertis dans le plus lucratif transport de touristes) attendent pour ramener les visiteurs vers l’entrée de la grotte à bord de petites barques. On navigue alors sur un lac au milieu des lotus et certains passages se font dans une grotte à demi inondée. Amusant mais pas très excitant et assez éloigné de la balade fantastique décrite sur internet et dans les guides…

Des grottes on en a quand même vu un peu trop dans la même journée pour apprécier pleinement.

Pour nos derniers jours à Hpa-An on a donc repris nos motos, notre GPS et notre intuition. Et là c’était vraiment chouette ! On est tombés par hasard sur une piscine naturelle coincée entre la montagne et les rizières. Les enfants nous faisaient des petits signes pour qu’on les rejoigne. La baignade quand il fait 40°C c’est tentant, mais tout habillés…. Mmmm… non merci ! On a aussi dégoté un jumeau du jardin de Lumbini (le jardin avec toutes les statues de Bouddhas). Celui ci était en friche, entre deux pics karstiques et avait un petit coté « découverte sauvage ». Du coup on a relevé ses coordonnées GPS, avis aux intéressés !

Les derniers jours à Hpa-An ont aussi été l’occasion pour nous de tester les derniers plats que nous n’avions pas encore essayé … A J-1 du voyage en avion on est quand même resté dans le domaine du prudent et il n’y a pas eu de découverte culinaire miracle ! On aime bien manger et découvrir des saveurs d’ailleurs mais de ce coté la Birmanie nous a un peu déçus. La spécialité, c’est le buffet Birman : un curry accompagné de multiples petites sauces et de légumes dominés par un goût de poisson fermenté … On se rattrapera au Vietnam !

En Birmanie, il y a des monastères partout et ils font partie de la vie publique alors évidemment il n’est pas étonnant de voir des enfants jouer au foot avec les moines dans un monastère mais à Hpa-An nous avons vu un entrainement de boxe Birmane dans l’enceinte du monastère, ça c’était à première fois !

Cette omniprésence de la vie religieuse fait partie du charme de la Birmanie. Quatre vingt dix pour cent des enfants Birmans font au moins un séjour au monastère de quelques jours, et certains jeunes hommes alternent entre la vie civile et la vie monacale. On peut donc croiser des moines de tous âges absolument partout, drapés dans leurs robes rouges, parfois en file Indienne munis de leurs bols à offrande et précédés du sons de la cloche. Au Myanmar il est également difficile de faire une photo de paysage sans qu’apparaisse dessus une stûpa qui coiffe une montagne, un monastère ou une pagode. Et étant donné que pour leurs édifices religieux ils ne lésinent pas sur la dorure, le rendu est très gai.

A l’heure de notre départ, nous apprenons que les combats dans le Nord de l’état Shan se sont intensifiés. La région de Hsipaw où nous étions il y a seulement 10 jours est maintenant formellement déconseillée d’accès. Le ressenti et l’inquiétude de notre guide se confirment donc malheureusement.

La Birmanie est une fabuleuse mosaïque d’ethnies et de tribus. Chaque région est différente et chaque ethnie a ses propres us et coutumes. Cette diversité qui fait la richesse humaine du pays est aussi responsable de guérillas indépendantistes et entraine probablement un manque d’unité dans la lutte contre l’oppression gouvernementale et la junte militaire. Le trait d’Union qui manquait entre toutes ces ethnies vient juste de rater son accession au pouvoir. Aung San Shuu Sky qui portait avec elle le plus grand espoir de paix pour le pays ne sera pas présidente. Alors, que va t il advenir de ce si beau pays ?

Quand je pense à la Birmanie je pense au sourire de ce vieux monsieur qui nous fait gouter son whisky, au regard d’une jeune femme Pa’o sur le marché de Thaung tho, à la générosité, aux rires, aux sourires, aux couleurs de tous les autres.

 

 

 

 

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