Mandalay, les cités royales et le pont U-bein

Mandalay, capitale royale, capitale d’Histoire. Une cité qui pourrait se situer dans le palmarès des villes qui ont vu se succéder des dynasties royales dans des bains de sang (avec une mention spéciale au roi Thibaw qui a assassiné 72 membres de sa famille lors de sa montée sur le trône, un maestro du genre ! ). Une cité religieuse ou le Bouddhisme est omniprésent, à chaque coin de rue on croise des moines en habits, en haut de chaque colline une stupa d’or éclatant attire l’oeil. Une cité aussi dont la décadence a inspiré de nombreux auteurs en mal d’exotisme Asiatique.

Mandalay c’est tout un monde qui se cache derrière un nom qui fait rêver.

Mais de façon beaucoup plus pragmatique, Mandalay, pour nous, c’est 38 pages dans le Lonely Planet. D’emblée ca semble beaucoup trop. Tout ceux qui ont déjà essayé de visiter 38 pages de Lonely en 3 jours le savent bien ! Un sentiment qui est vite confirmé par nos premières impressions dans la ville : beaucoup trop de moteurs, beaucoup trop de poussière, beaucoup trop de « lieux inratables », beaucoup trop de taxis, beaucoup trop grand !

Comme le Routard précise que la campagne environnante de Mandalay est « l’occasion idéale de découvrir la profondeur de l’âme Birmane » (rien que ca !), on s’est quand même dit que quitte à y être on allait y passer trois jours. Et puis, pour 800 ans de drames et de passions, il fallait bien ça !

Durant ces trois jours nous n’avons peut-être pas découvert la profondeur de l’âme Birmane, nous n’avons certainement pas visité toutes les pagodes et nous n’avons même pas mis les pieds dans le palais royal mais nous avons pu prendre un peu le pouls de ville.

Mandalay

C’est en vélo et à pied, en se faufilant dans la circulation le long des grandes rues qui forment un quadrillage que nous avons vu l’autre Mandalay. Le Mandalay des petites ruelles ou les poules et les enfants jouent tranquillement (les enfants en tout cas, jouent, les poules …) pendant que leurs parents s’affairent, accroupis sur le sol à fabriquer des tongs à la chaine. Mais on ne fait que passer, plus loin c’est le quartier des batteurs d’or. On y fabrique des feuilles d’or de l’épaisseur d’un cheveu. Elles serviront à redorer les Bouddhas et les Pagodes de la région. Un travail exceptionnel de dextérité et de précision comme savent le faire les Birmans. Un peu plus loin, on profite des derniers instants avec la Maman de Xavier-Jean pour découvrir le marché de la Jade. Dans la discrétion des porches, sous les faisceaux des lampes, les pierres sont retournées, examinées, trans-illuminées puis celles qui ont trouvé acheteur sont polies et transformées. Si dans ce marché rien ne semble anormal, on ne peut s’empêcher de penser aux autres maillons de la chaine : les mineurs qui mettent chaque jour en jeu leur vie pour récupérer les pierres précieuses, aveuglés par l’opium largement dispensé par les patrons Chinois à qui le commerce des pierres précieuses profite largement (sans parler des militaires galonnés). Les pierres de Birmanie sont belles mais elles ont le goût amer du pouvoir et de la domination.

 

Les cités royales

Autour de Mandalay, les anciennes cités royales : Amarapura, Sagaing, Inwa, Mingun. En un marathon d’une journée il est possible sauter de pagode en monastère et de monastère en stûpa. Nous, à la fin de la journée on avait un peu atteint le stade de la saturation en terme de dorures, de brillants et de scintillant. Heureusement, pour que Bouddha, dans son écrin ne s’ennuie pas, les fidèles pensent à lui amener des petits plats maison, du Sprite, du Coca-Cola et des cigarettes qu’ils déposent devant les statues. Donc Bouddha aime le Sprite, ca nous fait un point commun en plus avec la méditation ! Et comme rien n’arrête la modernité, Bouddha est souvent équipé d’auréoles en néons multicolores clignotants. Une imitation de l’éveil Boudhiste du meilleur effet …

Le pont U Bein

La bonne surprise de la journée c’était le coucher de soleil au pont U-Bein. Icône photographique de la Birmanie, c’est un grand pont en teck, très prisé en fin de journée pour ses prises de vues et son atmosphère gaie et décontractée.

Panoramique du pont U-Bein : à gauche, un groupe de jeunes garçons. De l’eau jusqu’à la taille ils pratiquent la pêche au filet sous l’œil intéressé d’une famille de touristes embarqués sur une barque. Au dessus, sur le pont, des jeunes Birmanes en tenue soignées font des selfies en gloussant à la lumière du soleil couchant. Un groupe de moines en robes bordeaux passe à leur hauteur, tranquillement. Au sol, un couple de mariés a choisi le site pour faire des photos de pre-wedding, ils ont raison, la lumière est magnifique. Un jeune Birman, cigarette sur l’oreille, appuyé sur sa moto mange la mariée du regard. Soudain dans un grondement de moteurs débarquent 3 motards Russes montés sur des grosses Harleys. Nouvelle scène. Les Russes se mettent à genoux pour implorer une jeune Birmane qui se promène sur le pont avec une jupe étonnamment courte de prendre la pose. Ils sont terriblement drôles, sur le pont un attroupement se forme. Le photographe de la marié change subitement de sujet photographique. L’espace d’un instant trois Russes en Harleys ont volé la vedette au pont !

 

Nous terminons notre séjour à Mandalay devant un spectacle des Moustaches Brothers avant de prendre la route destination le Sud et ses plages préservées.

 

3 réponses à “Mandalay, les cités royales et le pont U-bein

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