14 Février à Sengkang, pays de la fraternité

 

En quittant le Pays Toraja nous faisons une brève halte à Sengkang. C’est une petite ville située au bord d’un lac (danau Tempe) et peuplée par l’ethnie Bugis. Le lac a un niveau extrêmement variable selon les pluies et les constructions sont donc adaptées : les maisons sont sur pilotis et certaines sont même flottantes. Nous arrivons dans la région après un trajet de 7h en kijang.

Qu’est ce que c’est que le kijang ? C’est un peu le sac Mary Poppins des voitures. On y fait rentrer étonnamment plus de personnes que prévu. Après 7h compactés, nous avons pu confirmer dans la douleur que nous sommes nettement moins souples (je m’en doutais déjà depuis la séance de yoga à Gili …) et beaucoup plus grand que les locaux.

Clopin-clopan nous posons nos sacs à l’hôtel Pondok Eka (le choix était difficile, il y a que deux hotels). Vu qu’on a choisi la chambre la moins chère on doit la partager avec des cafards. Sympa la halte, non ?

Ce soir là nous on allons donc nous dégourdir les jambes. Ca tombe bien, c’est jour de marché nocturne. Nous voilà donc déambulant au milieu des étalages. Il y a de grands déballages de vêtements d’occasion (jeans, manteaux –vu la température je comprends qu’ils les revendent, mais on se demande pourquoi ils les ont achetés-), des stands de produits cosmétiques, des étals de lunettes de soleil, un coin pour les geeks, plein d’attraction pour les enfants. Il y aussi de quoi contenter nos estomacs. On mange de la martabak (genre d’omelette aux épinards entourée d’une crêpe frite-refrite et re-re frite , Miam !) et on poursuit nos essais de MIAMM «Met Inconnu A Manger Maintenant» (petite pensée amicale à notre conseillère de la médecine du voyage qui convulserait si elle passait une journée avec nous).

J’ai gardé le meilleur pour la fin : les habitants ! Nous n’avions pas mis un pied en dehors de l’hôtel que déjà tout le monde nous interpellait gaiement «  hello mister ! ».

La visite du marché était assez fabuleuse ! A chaque stand nous étions salués, souvent on nous demandait des photos (nous posant a coté d’un local, fiers comme des coqs ! ) et nous avions notre petit fan club qui nous suivait en gloussant ! On a aussi serré beaucoup de mains, faits des gouzi-gouzi à des enfants et Xavier-Jean a haussé les sourcils un nombre incalculable de fois, pour le plus grand plaisir de tout le monde. Vous l’aurez compris je ne sais pas qui étaient les plus heureux : eux ou nous, mais en tous cas tout le monde y trouvait son compte dans la joie et la bonne humeur !

Une excellente soirée donc.

14 Février ! On quitte notre hôtel pour se rendre au « village de la soie ». On sait qu’il existe et qu’il n’est pas très loin de la ville mais on ne sait pas son nom (haha…). On se rend donc à la station des petits bémos (genre de tuk-tuk local) et dans cette ville ou personne ne parle Anglais me vient une formidable idée. Je vais mimer une femme en train de tisser la soie pour leur expliquer où on veut aller. C’était un peu comme au jeu du mime sauf qu’on n’était pas certains que l’équipe adverse ait bien deviné … On embarque quand même et Xavier-Jean, n’appréciant pas mon mime a sa juste valeur, me glisse « tu vas voir il va nous débarquer au Saint Macloud local ». Bon j’ai effectivement du me tromper quelque part car on s’arrête finalement devant un magasin d’Hijabs de soirée …. On reprend les explications et la le visage du conducteur s’illumine !

Nous voilà finalement dans le village des tisserands de la soie (Nepo, du coup) sous une chaleur écrasante. On est seuls dans les grandes allées mais on entend les métiers à tisser calquer sous les maisons. Oui, sous les maisons, car tout est sur pilotis vu la proximité du lac capricieux. Très vite des femmes nous invitent à venir les voir travailler dans la fraicheur. Ici, on est loin des nombreuses mises en scènes pour touristes que l’on s’applique à fuir. Elles n’ont rien à vendre mais sont simplement très heureuses et fières de nous montrer leur travail.

Un peu plus loin un homme joyeux nous invite à le suivre sous une maison. Il y a là une trentaine de personnes de tous âges en train de partager un buffet. Quand on arrive chacun veut nous donner quelque chose et en quelques instants nous sommes installés au milieu du cercle familial avec des assiettes remplies de mets. Personne ne parle anglais mais avec quelques mots d’Indonésien et beaucoup de mimes (on a du apprendre de nos erreurs !) on arrive à se comprendre. Une heure plus tard, on est toujours là et ils ont fourrés dans notre sac un doggy-bag avec nos mets préférés. Bref, on rigolait déjà beaucoup quand ils nous ont proposé un karaoké…

Nous avons finalement pris congés de cette famille de Nepo, le cœur plein de belles images. Et là (toujours sous une chaleur écrasante) nous avons décidé de rentrer à pieds à Sengkang. Sur la route on croise une pâtisserie qui fait plein de MIAMM. Toutes les employées et le patron se sont mis en quatre pour nous faire plaisir et nous avons donc gouté les rotis (genre de pain de mie fourré aux cacahuètes), les bananes frites au chocolat, les beignets aux nouilles, les muffins au café (dans le désordre) Après avoir posé avec chacune des filles du magasin nous sommes repartis le ventre plein, et dans notre sac des cartons de cadeaux sucrés avaient rejoint les provisions des villageois.

Nous poursuivons notre route (toujours sous une écrasante chaleur, mais avec une ombrelle-feuille de bananier en plus, on s’améliore). On se laisse guider par des bruits de fête. Je me vois déjà à un mariage en train de danser ou pire, de jouer des maracas …

Mais en tout cas nous n’imaginions pas tomber en plein match de football avec des tribunes remplies et animées par des supporters équipés de tambour, tam tam ….Encore un moment incroyable …A la fin du match des jeunes supportrices voilées et surexcitées nous aident à embarquer dans un petit bémo, c’est déjà l’heure de rentrer.

Pour notre dernière soirée, c’est le ciel qui se colore au dessus du lac, le retour des bateaux de pécheurs et la rencontre avec la famille du tailleur.

Nous ne sommes restés à Sengkang qu’une journée et nous avons choisi  quelques épisodes pour vous raconter la générosité des Bugis mais chaque instant était précieux. Dans cette ville ou trip advisor annonce qu’il n’y a qu’une seule « chose à faire/à voir » (la balade en bateau sur le lac, que nous n’avons pas faite) nous avons trouvé exactement ce que nous sommes venus chercher pendant ce voyage : des rencontres inoubliables qu’elles aient duré quelques secondes ou quelques heures.

A Sengkang il n’y a rien à acheter pour des touristes mais nous y avons réalisé nos meilleures transactions avec des sourires et des photos souvenirs.

Et puisque l’on parle de photos souvenirs, les images de Sengkang sont visibles dans l’album photo de Sulawesi Quelques images de Sulawesi

7 réponses à “14 Février à Sengkang, pays de la fraternité

  1. En vous lisant, je me suis promené et amusé avec vous ! Sengkang mériterait donc le titre de commune d’honneur de notre Republiqie ? Et pourquoi pas !

    J'aime

  2. Pingback: Carnet de route en Indonésie – Céline et Xavier-Jean à l'envers·

  3. Pingback: De Yangon à Bagan – Céline et Xavier-Jean à l'envers·

  4. Pingback: Quelques images de Sulawesi – Céline et Xavier-Jean à l'envers·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s