Papa out of Bali …

J’ai quitté Bali et maintenant j’y repense sans cesse. Autant qu’à Syracuse … je voudrais y revenir avant que ma jeunesse soit finie pour m’en souvenir à Paris. Bref la nostalgie rôde autour de moi depuis que je suis revenu ici. Mais trop tard, je suis pris au piège des premiers souvenirs et des regrets qui affleurent déjà.
J’aime les jolies machines à deux roues et je me souviens de ce beau scooter qui avait accroché mon regard à un arrêt quelque part au bord de la « route des crêtes » (celle qui tourne sur le bord du vieux volcan de Bratam). Alors que j’allais le photographier, survient la famille qui s’apprêtait à repartir dessus. Je demande l’autorisation de prednre la photo. Oui bien sûr ! Et c’est ainsi que j’ai pris l’engin et tout son monde, tel un Willy Ronis au petit pied. Et cerise sur le gâteau, la plus jolie des balinaises a voulu ensuite se faire photographier auprès de moi …

Le lendemain, toujours à scooter, j’ai eu moins de chance avec l’unique feu rouge d’une bourgade de la côte Nord. Il est possible que j’ai l’ai grillé pour partir à gauche. Pourtant dans un pays où l’on roule à gauche, je ne faisais de mal à personne, mais bon … Toujours est-il qu’un agent de police me rattrape sur son scotter et m’arrête pour me montrer le tarif. Très gentil l’agent, mais coté tarif c’était quand même 500 000 roupies. J’ai tout de suite compris qu’il ne fallait pas marchander … D’autant que le policier me faisait un forfait très interressant. Si j’avais le moindre problème par la suite, il serait là pour m’aider. C’est un bon souvenir, c’est ma petite part de western. Mais je n’ai pas de photo à vous montrer.

La dévotion des femmes de Bali est aussi l’une des belles images que j’ai rapportées de Bali. Là non plus, pas de photo possible. Alors il faut imaginer que partout, dans les villages ou alentour dans les rizières, les femmes déposent tous les jours de petites offrandes de fleur devant lesquelles elles se recueillent ensuite quelques instants. Je me souviens ainsi d’une femme assise sur la chaussée, tournant le dos à la circulation. Les scooters et les voitures passaient près d’elle, sans qu’elle s’en inquiète. Les habitant de Bali ont d’ailleurs un très joli geste qui leur sert à remercier ou exprimer l’entente : ils joignent les deux mains un bref instant, comme pour prier.

Avec le recul, les trois heures de scooter d’un après-midi sous la pluie sont devenues elles aussi un bon souvenir. Une sorte de brevet de naturalisation. Après, c’est comme avec le policier, on se dit : j’y suis passé, comme les gens du pays. On repart en ayant l’impression d’avoir mieux compris la vie sous les tropiques. Certes, c’était une expérience à bon compte, mais grandeur nature tout de même, avec ses divers risques, glisser sur la chaussée, sortir de la route, heurter un chien, se perdre.

Je suis revenu avec quelques regrets aussi. Pourquoi n’ai je donc pris qu’une seule chemise blanche à la marchande de souvenirs : cette chemise est légère et vraiment pas chère (même non négociée). Pareil pour le petit modèle réduit de vélo à l’ancienne que j’ai acheté à une autre. Pourtant, cela m’aurait fait plein de cadeaux originaux. Ce ne sont pas les affaires ratées que je regrette, c’est seulement les petits bouts de bonheur et de plaisir à coté desquels je suis passé : l’euphorie d’un instant pour les marchands, une petite surprise pour quelques amis.

Il y a aussi le regret du voyageur qui se demande au retour si la succession des trajets, des visites et des repas ne l’a pas fait passer à coté de « quelque chose ». Faute de temps ou de curisosité. Ce voyageur pris d’un doute existentiel se demande s’il a vraiment vu Bali. Est-ce qu’il n’a pas transporté sur place sa vie d’européen ? Mais alors pourquoi partir ?

Moi je sais maintenant. C’est pour sortir des sentiers battus du quotidien. Là bas, j’ai rencontré deux guides absolument épatants qui n’avaient pas leur pareil pour trouver leur chemin sur Google Maps et des adresses sur Lonely Planet. Et gentils au possible !

– Qu’est-ce que tu as ? me demande Marion au retour.

– Rien, sinon le blues du voyageur peut-être.

Des photos de Bali pour illustrer l’article dans L’album photo de l’Indonésie

Une réponse à “Papa out of Bali …

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